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Pourquoi un élève démotivé n’est pas un élève paresseux
J’ai suivi un garçon de CM2, on va l’appeler Nathan, qui refusait littéralement d’ouvrir son cahier de maths. Les parents pensaient qu’il était fainéant. La maîtresse pensait qu’il fallait plus de fermeté. Moi, en séance, j’ai remarqué autre chose : dès qu’il se trompait, il fermait le cahier et croisait les bras. Il n’avait pas peur du travail, il avait peur de se tromper devant les autres.
C’est exactement ce que décrit la théorie de l’autodétermination de Ryan et Deci, deux chercheurs en psychologie qui ont montré depuis les années 1980 que la motivation repose sur trois besoins psychologiques : se sentir capable, se sentir libre de ses choix, et se sentir en lien avec les autres. Quand un de ces trois besoins n’est pas nourri, la motivation s’effondre, même chez un enfant qui a toutes les capacités pour réussir.
Avec Nathan, on n’a pas retravaillé les maths. On a d’abord retravaillé le rapport à l’erreur. Je lui ai proposé des exercices où l’erreur était attendue et même recherchée, un peu comme un jeu d’enquête où on doit trouver ce qui cloche. En trois séances, il rouvrait le cahier de lui même.
Ce que je retiens de ce genre de situation, et j’en vois beaucoup, c’est qu’on gagne du temps en cherchant quel besoin n’est pas satisfait plutôt qu’en insistant sur la discipline ou la motivation en général. Ce sont des leviers précis, pas une question de volonté.
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